
LA FORET D’EMERAUDE
Vernissage Jeudi 12 Mars de 18H00 à 22H00 // Exposition du 12 Mars au 4 Avril 2026 // Galerie de la Clé – 23 rue Michel le Comte 75003 Paris
La Galerie de la Clé a le plaisir de recevoir le jeune photographe Bastien Deschamps pour une exploration du coeur de l’Amazonie. Pour cette exposition, Bastien Deschamps retrace deux ans de voyage et d’immersion entre 2023 et 2025 en terres Amérindiennes Wayana, Guyane Française. C’est au travers de son quotidien partagé tant entre les campements d’orpailleurs qu’au sein des habitations Wayanas qu’il a dessiné au travers de son objectif les contours d’un mode de vie fragile et précaire.
Sans occulter les bouleversements causés par l’orpaillage intensif dans cette région encore largement préservée et privilégiant l’immersion au jugement frontal, il a tenu à témoigner humainement des regards croisés au détour de camps de chercheurs d’or ainsi qu’auprès des Amérindiens Wayanas.
De par un processus documentaire à l’esthétique baignée d’humanité, ses photographies explorent le quotidien d’hommes et de femmes en proie à une nécessité de survie immédiate sous l’immensité aux couleurs d’émeraude de la canopée Amazonienne. En majeure partie argentiques, certains de ces tirages ont été développés dans l’eau même du fleuve Maroni infesté de mercure, d’autres développés en noir et blanc laissent entrevoir des traces de paillettes dorées.
Ce voyage initiatique est retracé lors de l’exposition intitulée LA FORET D’EMERAUDE visible à la Galerie de la Clé du 12 Mars au 4 Avril 2026. Vernissage Jeudi 12 Mars de 18H00 à 22H00.
Catalogue et informations disponibles sur info@galeriedelacle.com ou par téléphone au 01.42.77.25.42
« L’or, c’est un rêve pour atteindre un autre rêve. »
Sur les rives du Maroni, en Guyane française, ce rêve circule de camp en camp. Il promet un toit, une dette effacée, un commerce à soi, un nouveau départ. Pour le faire exister, il faut creuser, détourner, couper, amalgamer. Transformer la forêt en chantier, la terre en cicatrice.
L’or n’est presque rien, et pourtant il concentre tout. Sa rareté fabrique sa valeur, sa brillance entretient le mythe. Il rassure ceux qui le possèdent, fascine ceux qui le cherchent, légitime les ravages qu’il provoque. Son poids est d’abord imaginaire. Ses effets, eux, sont concrets. Dans la forêt, loin des villes, une société se recompose. Routes clandestines, carbets, commerces improvisés. Le capital circule sous bâche plastique, à la lumière des générateurs. Investir, extraire, rentabiliser — mais aussi vivre, aimer, rêver d’ailleurs.
Mais la forêt n’est pas un décor. Terre nourricière et territoire sacré pour les communautés amérindiennes wayana, elle structure les liens et les mémoires. Lorsque ses eaux se troublent, ce n’est pas seulement un écosystème qui vacille, c’est un monde.
En Guyane, le prix que nous donnons à l’or se lit dans le paysage : cratères béants, eaux saturées de sédiments et de mercure. La valeur se décide ailleurs et laisse ici son empreinte. L’or circule. Les rêves se déplacent. La forêt, elle, porte encore le poids d’une paillette.
– Bastien Deschamps, Montreuil le 16/02/2026
Bastien Deschamps appartient à cette génération de photographes pour qui l’engagement, en altérité avec ses sujets photographiques, s’impose dans une évidence de création, dans un « comment faire autrement » caractéristique de sa corporation.
Ne nous méprenons pas sur ce jeune visage, qui comme l’arbre cacherait la forêt, représente déjà une solide expérience de sujets puissants et au long cours, avec pour démarche celle du documentaire.
Depuis One Night Stand jusqu’à Where The Border Runs: Tales From The River Sides, allant de relations exploratives à certaines très introspectives voire d’autoportraits, Bastien Deschamps n’a de cesse de questionner et d’interroger, dans une détermination incontrôlable, ce qui Nous constitue et Nous habite.
C’est dans une quête de l’autre, toujours si loin toujours si proche, qu’il nous entraîne, avec lui comme capitaine d’un navire prêt à prendre toutes les mers des tempêtes intérieures, pour des traversées initiatiques d’une rive à l’autre de nous-même.
Depuis sept projets d’une intensité et d’une tenue folle, Bastien Deschamps confronte sa voix intime à la mesure de nos regards. Explorant avec obsession des techniques de restitutions formelles au plus proche du sens, il ouvre avec La Forêt d’Émeraude une nouvelle ligne de tension.
– Charlotte Flossaut, Paris le 25/02/2026

